Cette photo de Patti Smith et de son guitariste Lenny Kaye a été prise, comme celle de David Lynch, pendant la fête célébrant le 20eme anniversaire de la Fondation Cartier. Lire la suite de « Portrait of the week #11 : PATTI SMITH ET LENNY KAYE »
Étiquette : Paris
Only in Paris
Mon ami et confrère Willy Ronis a photographié Paris toute sa vie durant — c’était son sujet principal. Ses images, comme celles de son contemporain, Robert Doisneau, sont pleines de joie et de vie, avec un parfum de tendresse pour les années d’après-guerre. Pourtant Willy avait connu un Paris bien plus sombre : juif, il ne survécut qu’en quittant Paris pour la zone libre où il put se cacher. Paris n’a pas toujours été un refuge, un havre de paix, la Ville Lumière, la destination touristique la plus populaire au monde. Elle a connu des révolutions sanglantes, la violence, la répression, les déportations. Le terrorisme a sévi bien avant les deux attaques terribles de cette année 2015.
Je suis venu à Paris dans les années soixante. J’ai photographié cette ville pendant quarante ans. Jamais je ne me suis senti en danger en parcourant ses rues, appareil à la main. Bien sûr, quelquefois, je me suis fait enguirlandé par des gens qui ne voulaient pas être pris en photo. Mais c’était tout. Mon livre Only in Paris est le résultat de ces années d’errance dans Paris — rencontre avec la beauté et l’étrangeté de cette ville mais jamais sa violence. Je n’errais pas dans les rues de Paris la nuit du 13 novembre — j’étais dans le Sud.
Je suis content d’avoir terminé, l’année dernière, mon projet sur Paris. Je ne suis pas sûr de ce que ma vision de ma ville serait aujourd’hui, ni si je pourrais maintenant photographier Paris avec le même enthousiasme, le même plaisir et la même insouciance qu’auparavant.
François Le Diascorn
Portrait of the week #4 – Marguerite Duras
La Grande Dame de la littérature française avait été convaincue par quelqu’un de mon agence (Rapho) d’écrire une préface à un recueil de photos de Janine Niépce (également à Rapho). Le livre avait été intitulé Niépce Duras France pour capitaliser sur la notoriété de l’écrivain. Un cocktail avait été organisé à Paris pour l’inauguration de l’exposition et la sortie du livre. Marguerite Duras fit une entrée très remarquée au bras de Yann Andrèa, le jeune homme qui fut son assistant et son compagnon les 16 dernières années de sa vie. Elle s’est assise dans un fauteuil énorme où elle siégea toute la soirée telle une reine devant sa cour. Bien que l’endroit fut rempli de photographes, j’étais pratiquement le seul avec un boîtier photo – c’est souvent une coquetterie des photographes de ne pas venir aux expositions photos avec leur appareil – aussi ai-je pu faire sans concurrence ces portraits de l’auteur de L’Amant. C’était en 1992, quatre ans avant sa disparition.
François Le Diascorn
* Du 4 juillet au 13 septembre, l’Association Marguerite Duras organise une exposition de photographies intitulée « Toute une vie j’ai écrit » en hommage à l’écrivain.
En savoir plus
Portrait of the week #3 – Bruce Nauman
J’ai rencontré Bruce Nauman en 1976. Il était le compagnon d’une amie et vivait dans un garage à voitures emménagé en studio auquel on accédait par un monte-charge. Il avait la dégaine d’un cowboy urbain : Stetson à large bord, Santiags et ceinturon en argent. Il avait l’air de s’intéresser plus à la confection de couteaux artisanaux qu’à réaliser ses installations. A l’époque je ne savais pas qu’il était internationalement reconnu en tant qu’artiste conceptuel. Je m’en suis aperçu des années plus tard en visitant des musées d’art contemporain en Europe et en Amérique. Je dois avouer que son œuvre m’a toujours mystifié, nous sommes artistiquement sur deux planètes différentes. Mais j’ai apprécié nos rencontres. De plus, Bruce avait a l’époque un visage émacié très intéressant à photographier.
François Le Diascorn
* Du 14 mars au 21 juin 2015, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présente la première exposition majeure de l’artiste américain Bruce Nauman à Paris depuis plus de 15 ans.
Les Ferrari d’Enzo
La Fondation Cartier pour l’Art Contemporain a publié un coffret relatant son histoire à l’occasion de son trentième anniversaire : l’opportunité d’y retrouver les images que j’ai faites pour le projet « HOMMAGE A FERRARI » , exposition mise en scène par Andrée Putman.
Toutes ces photographies sont disponibles à la vente. Les tirages sont originaux, signés et numérotés sur 30 exemplaires (définition fiscale de l’oeuvre d’art). Si l’une ou plusieurs de ces photographies vous intéressent, n’hésitez pas à me contacter via le formulaire !
Entretien à la MEP
Le 4 décembre dernier, la Maison Européenne de la Photographie invitait François Le Diascorn à l’occasion de la sortie de son livre ONLY IN PARIS (Créaphis Editions).
Comment se positionne-t-il par rapport au courant de la « photographie humaniste » ?
Comment pratique-t-il la photographie de rue ?
Quel est le Paris de François Le Diascorn ?
Retour en image sur cette soirée :
Jour J ! Only in Paris
Aujourd’hui paraît mon nouveau livre : « Only in Paris » ! 63 photographies qui vous mèneront en balade dans “mon” Paris, de 1974 à aujourd’hui : un Paris romantique, amoureux, mélancolique, polar, mystérieux, somnambule… Le Paris de mon regard.
N’hésitez pas à en parler à votre libraire et à partager l’information !
Retrouvez également « Only in Paris » sur Decitre, Fnac, Amazon , etc.
Quelques extraits :
J-10 : Only in Paris
J-10 : Je suis heureux de vous présenter mon nouveau livre : « Only in Paris » ! 63 photographies qui vous mèneront en balade dans “mon” Paris, de 1974 à aujourd’hui : un Paris romantique, amoureux, mélancolique, polar, mystérieux, somnambule… Le Paris de mon regard.
Parution le 27 novembre : n’hésitez pas à en parler à votre libraire et à partager l’information !
Enfin, « Only in Paris » est d’ores et déjà sur Decitre, Fnac, Amazon , etc.

L’argument :
François Le Diascorn rassemble ici une série de photographies réalisées à Paris entre 1971 et 2014. Il s’agit de « son » Paris, parcouru et saisi pendant plus de quarante ans. On retrouve son style particulier, héritier et rebelle du courant humaniste auquel il a participé dans les années 1970-1980, style fondé sur une exigence du cadre et du jeu entre ombres et lumières.
Style surtout décalé : le ton est souvent insolite, voire humoristique, toujours chimérique. Le livre est aussi bousculé dans sa chronologie, on passe d’une décennie à l’autre sans que l’atmosphère ne change. Dans le panorama de Le Diascorn défilent les lieux et monuments parisiens emblématiques. Mais son pari est finalement gagné : ici figure l’inattendu, le buissonnier.
Il prend la ville sur le vif jour et nuit et en toutes saisons. Il nous livre un Paris en balade, un Paris amoureux, romantique et mélancolique, un Paris polar, mystérieux et somnambule.
Son précédent livre Only in America (Créaphis, 2010) montre une Amérique avec le même style décalé. L’expression « only in » traduit ce qu’on ressent à la vue des images : « il n’y a qu’ici qu’on voit ça ! »






