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Portrait of the week #6 – Léo Ferré

J’ai fait ces photos du génial créateur de Jolie Môme et d’Avec le Temps en 1986, lors d’un concert à l’Elysée Montmartre. Il était alors dans sa dernière période qui n’a pas été la meilleure (interminables ressassements poétiques tournant comme un lave-linge à vide) mais par contre son apparence (et c’est ce qui compte pour un photographe) s’était bonifiée… avec le temps. Il avait cette tête de prophète charismatique, de vieux lion à crinière blanche, les yeux clignotants de myopie (il ne portait plus de lunettes) et cet interstice entre les deux incisives qui adoucissait sa tête de vieillard chauve et chevelu à la fois avec un éclat de jeunesse.
Car avec le temps, va, tout ne s’en va pas ….

François Le Diascorn

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Portrait of the week #5 – Edouard Boubat

J’ai rencontré Boubat après avoir intégré l’Agence Rapho au milieu des années quatre-vingt, mais nous ne devînmes proches qu’après qu’il eut rencontré ma femme qui est, entre autres qualités, américaine. Boubat était un grand séducteur et à l’époque il avait jeté son dévolu sur une jeune américaine récemment arrivée à Paris et il désirait parler avec elle dans sa langue maternelle. Il s’est donc mis à venir dans notre petit appartement de Montmartre prendre le thé et des leçons d’anglais ou bien nous nous rendions dans son grand appartement derrière les Invalides (où j’ai pris un certain nombre de photos de lui, notamment celle avec son chat). C’est pendant cette période que nous avons échangé des photos : c’est ainsi que j’ai obtenu sa fameuse photo Leila et celle du Jardin du Luxembourg sous la neige.
Il était charmant et en admiration totale de ses propres photos mais d’une manière tellement naïve qu’elle était désarmante. En fait, il était amoureux de la beauté du monde – dont, bien sûr, faisaient partie ses photographies.
Boubat était un charmant papillon. Un jour la jeune américaine disparut de sa vie – et lui, plus ou moins, de la nôtre aussi.

François Le Diascorn

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EXPOSITION : ÉDOUARD BOUBAT Méditerranée Du 4 juin 2015 au 31 juillet 2015 – Galerie In Camera – 21 rue Las Cases – 75007 Paris

Portrait of the week #4 – Marguerite Duras

La Grande Dame de la littérature française avait été convaincue par quelqu’un de mon agence (Rapho) d’écrire une préface à un recueil de photos de Janine Niépce (également à Rapho). Le livre avait été intitulé Niépce Duras France pour capitaliser sur la notoriété de l’écrivain. Un cocktail avait été organisé à Paris pour l’inauguration de l’exposition et la sortie du livre. Marguerite Duras fit une entrée très remarquée au bras de Yann Andrèa, le jeune homme qui fut son assistant et son compagnon les 16 dernières années de sa vie. Elle s’est assise dans un fauteuil énorme où elle siégea toute la soirée telle une reine devant sa cour. Bien que l’endroit fut rempli de photographes, j’étais pratiquement le seul avec un boîtier photo – c’est souvent une coquetterie des photographes de ne pas venir aux expositions photos avec leur appareil – aussi ai-je pu faire sans concurrence ces portraits de l’auteur de L’Amant. C’était en 1992, quatre ans avant sa disparition.

François Le Diascorn

* Du 4 juillet au 13 septembre, l’Association Marguerite Duras organise une exposition de photographies intitulée « Toute une vie j’ai écrit » en hommage à l’écrivain.
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Portrait of the week #3 – Bruce Nauman

J’ai rencontré Bruce Nauman en 1976. Il était le compagnon d’une amie et vivait dans un garage à voitures emménagé en studio auquel on accédait par un monte-charge. Il avait la dégaine d’un cowboy urbain : Stetson à large bord, Santiags et ceinturon en argent. Il avait l’air de s’intéresser plus à la confection de couteaux artisanaux qu’à réaliser ses installations. A l’époque je ne savais pas qu’il était internationalement reconnu en tant qu’artiste conceptuel. Je m’en suis aperçu des années plus tard en visitant des musées d’art contemporain en Europe et en Amérique. Je dois avouer que son œuvre m’a toujours mystifié, nous sommes artistiquement sur deux planètes différentes. Mais j’ai apprécié nos rencontres. De plus, Bruce avait a l’époque un visage émacié très intéressant à photographier.

François Le Diascorn

* Du 14 mars au 21 juin 2015, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présente la première exposition majeure de l’artiste américain Bruce Nauman à Paris depuis plus de 15 ans.

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Portrait of the week #2 – Dalaï-Lama

Sa Sainteté le Dalaï-Lama,

C’est en 1971, lors de mon deuxième séjour en Inde, que j’ai rencontré le Dalaï-Lama dans sa résidence de McLeod Gang où il vivait en exil depuis son départ du Tibet. Je fus si impressionné par sa personnalité remarquable et par la force douce de ses paroles que je m’arrêtai de faire des images, juste pour l’écouter alors que ma future femme et journaliste Nancy (que je venais de rencontrer un mois auparavant à Calcutta) continuait, elle, à prendre des notes pour un article destiné à la presse américaine. Dix ans plus tard, lors d’un voyage anniversaire de notre rencontre en Inde, nous avons eu la chance d’être reçus à nouveau en tête à tête avec le Dalaï-Lama (grâce à l’article de Nancy qui avait été repris par le « Tibetan Journal »). Cette photo est l’une des rares que j’ai prise lors de notre première rencontre en 1971. Depuis, j’ai souvent été en sa présence, en France, aux Etats-Unis ou en Inde et j’ai fait d’autres photos mais jamais je n’ai été à nouveau reçu en personne par lui, car il est devenu une personnalité mondiale, et naturellement beaucoup moins disponible qu’il ne l’avait été pour deux jeunes voyageurs occidentaux il y a déjà très longtemps.

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Portrait of the week #1 – Willy Ronis

J’ai rencontré Willy Ronis pour la première fois en 1984 pendant le festival de photo d’Arles Ce fut le début d’une longue amitié. Willy était un ami merveilleux, surtout avec les photographes plus jeunes. Avec ma femme, nous sommes souvent allés lui rendre visite à son appartement près de la place de la Nation – et il nous a rendu visite chez nous dans la Drôme. La première photo a été prise chez lui à Paris, sur le petit balcon derrière sa cuisine après un déjeuner très agréable. Les conversations avec Willy étaient toujours profondes et stimulantes. Et elles me manquent.

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Les Ferrari d’Enzo

La Fondation Cartier pour l’Art Contemporain a publié un coffret relatant son histoire à l’occasion de son trentième anniversaire : l’opportunité d’y retrouver les images que j’ai faites pour le projet « HOMMAGE A FERRARI » , exposition mise en scène par Andrée Putman.

Toutes ces photographies sont disponibles à la vente. Les tirages sont originaux, signés et numérotés sur 30 exemplaires (définition fiscale de l’oeuvre d’art). Si l’une ou plusieurs de ces photographies vous intéressent, n’hésitez pas à me contacter via le formulaire !

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Entretien à la MEP

Le 4 décembre dernier, la Maison Européenne de la Photographie invitait François Le Diascorn à l’occasion de la sortie de son livre ONLY IN PARIS (Créaphis Editions).

Comment se positionne-t-il par rapport au courant de la « photographie humaniste » ?
Comment pratique-t-il la photographie de rue ?
Quel est le Paris de François Le Diascorn ?

Retour en image sur cette soirée :

Voir la vidéo sur Youtube !

L’énigme Jésus – Hors Série L’OBS

L'OBS Hors série - L'énigme Jésus Retrouvez un portfolio de François Le Diascorn dans L’énigme Jésus, Hors Série de L’OBS [janvier-février 2015].

Vous connaissiez la série Christus, les photos du (personnage du) Christ publiés dans ce magazine Hors-Série sont inédites !

Marche du 11 janvier 2015

J’étais en train de tirer des photos dans mon labo dans le sud de la France quand j’ai entendu la nouvelle du massacre à la radio. Il se trouve que j’allais partir pour Porquerolles pour célébrer mon anniversaire, le 10 janvier. Le 11 était le jour des marches. La plus proche était celle d’Aix en Provence et c’est là où je suis allé. Il faisait froid mais beau ce jour-là à Aix et, dès 14 heures, une foule considérable se masse devant la mairie. Beaucoup de familles, beaucoup d’enfants. Ce fut une marche en silence, à l’exception de salves d’applaudissements.
Que dire d’autre ? Je n’étais pas un lecteur régulier de Charlie Hebdo, j’ai plutôt lu Hara Kiri, l’ancêtre de Charlie, dans ma jeunesse. Mais la question n’était pas de savoir qui le lisait ou qui ne le lisait pas. C’est en tant que photographe que j’ai participé à la marche : je ne dessine pas le monde mais je le photographie. Personne ne me dit ce que je dois photographier ni comment, car j’ai le privilège d’habiter dans un pays qui protège la liberté d’expression. Mais, comme l’ont montré les tragiques événements de janvier 2015, ce droit qui nous semble si naturel peut être menacé à tout moment. Le monde est soudain devenu plus dangereux, plus incertain avec ces assassinats au cœur de Paris.
Mais il y a eu dans ce pays un incroyable mouvement de fraternité et de solidarité et des témoignages innombrables de soutien à travers de nombreuses formes : articles, dessins, photographies, poèmes, chansons. Quatre millions de personnes sont descendues dans la rue dimanche. J’étais l’une d’entre elles. Avec un appareil à la main.